écrire à partir de sons (29/11/2005 Buc)

Publié le par sac aux images

1.      Ding-ding… 8x… une cuillère sur une bouteille,

2.      une main gratte dans un bol garni de graines

3.      un froissement de feuille

4.      des pas rapides

5.      un crayon passé sur les barres d’un radiateur

6.      le bruit d’un interrupteur

7.      clap clap clap (claquements de mains)

8.  Versement d'un liquide

N°1

Start, la fourchette qui tinte sur la bouteille ; ça veut dire qu’on peut commencer, les mains se précipitent dans le panier de graines de Tournesol ; ça farfouille là-dedans, y’en a même qui en piquent et en mettent dans des sacs en plastiques et se carapatent bruyamment dans l’escalier.
On entend le tintement de la porte d’entrée. ça y est, ils sont partis. La lumière s’éteint. Fin du spectacle.
« Non ! »
Tiens, y’en a une qu’est pas d’accord. Dépitée, elle se sert un verre de vin. Les autres applaudissent.
 
N°2
-          « Mesdemoiselles ! Rassemblement dans la cour en rang de deux ! »
Les jeunes filles écrasaient les graviers de l’allée en pressant le pas.
-          « Cindy, j’ai des chips, t’en veux ? c’est le colis du lundi »
-          « 22, y’a la Mère Supérieure qui dévale du presbytère, elle cogne ses clés à la bannière. C’est pas bon signe. Merde, y’a EDF qui fait des siennes. Elle doit être en train de se faire défroquer par le palefrenier, à moins que ça ne soit le crémier, il essaie toujours de passer mater de notre côté. ça y’est elle déboule ! »
-          « Mesdemoiselles, je vous ai fait rassembler pour vous annoncer une grande nouvelle,
 
[… c’est con, il me manque la suite… Isabelle, de tête, tu pourrais nous la refaire ??...]
                  
N°3
Cling Cling Cling
Cling Cling Cling
«  Ouais, j’suis pas sourd ! »
Le bruit des pas sur le gravier m’inonda la tête. Il descendit sauvagement les escaliers en faisant frotter son caddie sur les barreaux de la rambarde. Et soudain, le code. Cling Cling.
-          « Non », me dis-je, « pas maintenant. Vite, une goulée de schnaps . Impossible à ouvrir cette bouteille ! »
 J’explosais le goulot contre le rebord de la table avant d’en vider le contenu. ça y’est, le voilà. Il vida le contenu de son chargeur muni d’un silencieux sur moi
 
N°4
Ding ding ding. ça y est, la Marguerite est de retour. Sa clarine résonne. Elle dévale les pentes tandis que le Paul ramasse le foin. Schlll… schll Trop sec, il crisse sous ses pieds.
-          « Oh, oh Marguerite, du calme, tes sabots… »
-          « Tiens, salut. Quand tu peines donc ton tracteur, y me demande donc pas, l’a bien du mal. »
Au loin, un éclair. Mais le tonnerre est encore faiblard. Non ! Y va pas pleuvoir ! Oh, zut, quelques gouttes. Bon Dieu, ça y est ça tombe dur. Et la Marguerite qui meugle à tout ça.
-          « Allez, (je frappe dans les mains) suis-moi ma belle… on va s’rentrer chez nous ».
 
N°5
Sept fois la langue dans ma bouche, j’ai retourné ; essayez de parler après ça, vous avez l’air d’une cloche // dans le sable et là faut mettre le paquet pour pas tourner à la chambre sourde. Ça marche plus, le suspens avec tout ce sable. Bon, la langue s’est détortillée et moi l’électricien alcoolo, j’ai nié sous la torture, mais ils m’ont resservi un verre de leur gléon et là j’ai craqué, j’ai tout lâché… Tiens hein, qui frappe ? heu ha Germaine, j’étais en plein cauchemar, des types me torturaient, entortillaient ma langue dans du sable en paquet, la gégène et tout le toutim, j’essayai même de me torcher un gléon. Germaine, je t’aime, tu es ma sauveuse et en plus ton Dunlopillo est top.
 
N°6
Ding ding ding (8 fois) Bip bip (4 fois). Lequel décrocher en premier ? le fixe ou le portable ? et ce chat qui gratte sa litière, qui en fout partout. Ayé, j’ai marché sur mes cahiers ! Ha, le pas léger du voisin, toujours pressé et son fis qui gratte encore mon grillage avec un baton. Je ne sais plus où donner de la tête… Je claque qui en premier !! Merde, j’ai grillé une ampoule… Non, on m’a coupé l’électricité ! Bon heureusement, on n’a pas encore coupé l’eau… d’ailleurs une grosse flaque dans la cuisine… clap clap clap
 
N°7
Ting ting ting… Déjà ! Mais je n’ai même pas eût le temps de finir mon café… Je l’avale en 4 Cent non en 5/5 je crois et je file. Quand j’ouvre la porte c’est déjà l’horreur. Les travaux qui grondent, les pas qui défilent dans les escaliers, les sacs qui se frottent (autant que les élèves, cela dit en passant) aux radiateurs et les pions qui hurlent : « C’est l’heure ! dans vos classes ! »).
J’ouvre ma classe, j’allume la lumière, je laisse la horde de chacals (chacaux ? je sais plus !) s’asseoir, j’ouvre mon sac…Et non ! merde j’ai oublié mon cours !!! je l’ai oublié dans les chiottes quand je suis allé pisser…
Merde, merde, merde, merde et re merde… qu’est-ce que je vais faire ? Bon, j’improvise, c’est pas grave, ça se verra pas… ils voient rien de toute façon.
Clap clap clap, SVP ohé ! oyé oyé ! (en fait, c’est pas qu’ils voient rien, mais ils sont plutôt dur de la feuille).
Oh là ! Vous arrêtez, oui ? Bon, très bien puisque c’est comme ça, interro SURPRISE !!!

(Bien fait pour eux ça, ça me fera une note pour le bulletin… je l’avais oublié celui-là aussi !). P’tits cons !

N°8
Qui sonne  à cette heure là ?
on dirait le laitier mais...
qu'entends-je ?
des pas sur le gravier...
et puis, et puis
des pas qui, qui s'éloignent. J'ai peur !!
Maintenant, c'est dans la maison.
La salle de bain peut-être
la baignoire pleine, pleine de sang...
J'ai peur, oh. La lumière intermit...
qu'elqu'un crie !
une femme ?
Pourquoi dit-elle non . Elle a peur elle aussi.
Tiens, il vaut mieux que je boive un petit verre
glou glou glou. Hip !
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Sous les applaudissements, s'il vous plaît
c'était "au théâtre ce soir"...
mise en scène de ...
Décor de Roger...
et bruitage de christine la coquine.

N°9
Un brouhaha de chuchottements avait envahi la pièce. Mon oncle frappa une bouteille pour réclamer le silence. On n'entendit bientôt plus que le son du gravier où se déplaçait ma chienne. Mon oncle la regarda avec rage. Il entendait que le silence fut parfait. Pourquoi : nous l'ignorions. A ce degré de silence reposr son verre eut été passible d'un procés verbal pour-
Soudain un non strident se fit entendre. Je renonçais alors à saisir le sachet de plastique qui me srvait de sac à main. Bientôt le bruit d'une course se fit entendre, interrompue par mon oncle qui frappa dans ses mains, provoquant dans l'assemblée soumise, un découragement ultime. Puis soudain une voix s'éleva : je suis cocu.

N°10
Ding ding ding, votre attentions 'il vous plaît. Je souhaiterais faire une déclaration alors si vous vouliez bien arrêter de vous goinfrer de graines et de remuer les paquets, on pourrait écouter ce que j'ai à dire. D'abord j'appelle ma Gisèle. A bah v'la Gisèle qui s'ramène avec ses talons hauts, on dirait une geolière quand elle frotte le radiateur pour le dépoussiérer.
Eteignez les lumières s'il vous plaît
"Non ! qu'elle crie la Gisèle. Rallumez et servez-moi un grand verre de ce bon pinard gouleillant ! et ça y est, la v'là qui s'roule sous la table et se tape le cul par terre et ... ah bah voilà elle a vomi sur mes chaussures. Bon bah j'crois que j'cous dirai ce que j'avais à vous dire une autre fois, ou pt'ê jamais.

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