Marcel Boudin entrevoir...

Publié le par sac aux images

Les Mots Jetés sur la Page (avec 7 mots imposés)

 

 

1.

Boudin Marcel ! On te l’avait pourtant dit de ne pas trop tuer de cochons. Que faire de tout ce sang, à part du boudin ? On va quand même pô le jeter ! Son estomac se soulevait, quand il pût enfin entrevoir la dentelle de son sous-tif, il était déjà trop tard ! La maligne avait fermé la porte à clé, mais le vomi filtra insidieusement. Une odeur de boudin vomi envahit la chambre.

Il entrouvrit la porte pour s’excuser de son incontinence. A l’image de son mental, sa pensée jointoyée serrée, trop peut-être, prête à éclater, elle ressemblait à cet instant à une grosse rosette de Lyon. Définitivement, les résilles la boudinaient. Il la vit en paupiette. Ca lui rappela un fait étrange : Elle aimait un personnage charismatique outrepassé très largement par son gourou mais cela importait peu. Le tout était de nettoyer le vomi pour repoussait le moment où le gourou prendrait le dessus. Mais il y avait de la concurrence : l’entresol de son esprit lui avait placé l’esprit sous la ceinture. Obsédée qu’elle était… Le débordement, l’emportement, l’accouplement violent… La serpillière valsa dans la bassine de sang.

Une jouissance énorme le fit suer, comme un bœuf qui aurait un pic hormonal, et parviendrait à pourfendre l’ennemie tressautante sur la toile cirée à carreaux jaunes et blancs.

 

 

 

 

2.

Jacqueline et Marcel narguaient Edith « la môme » du haut de leurs tabourets de bar. Mais les doigts crochus d’Edith lui rappelaient ceux d’une sorcière. Ils se permirent une pensée vagabonde. Elle se permit d’outrepasser la clôture en fil de fer barbelé pour aller retrouver son amant brûlant, c’était un fait avéré qu’elle avait, malgré ses doigts crochus, une bien belle aura charismatique aux senteurs exotiques qui lui avait donné la trique, au bel amant !

Mais ne jamais pouvoir entrevoir l’espoir ! Quelle tragédie ! Elle voulait s’évader et le rejoindre encore et encore, mais il fallait encore jointoyer le carrelage de la salle de bain. Elle mit ses doigts dans la pâte et commença à déposer des petits pâtés jusqu’à l’épuisement, épuisement de ses sens, le tactile en particulier. Puis elle nettoya soigneusement, avec l’aide de Marcel, de la cave à l’entresol. Toute émoustillée, Jacqueline avait dit à Marcel : « Faut que ça brille du sol au plafond ! » « Je ne suis pas Mr Propre, ma toute belle. » Mais il avait tout de même obéi, bien obligé. Comme d’habitude, au doigt et à l’œil.

Y’avait des invités, avec au dîner : Boudin noir ou boudin blanc, mais truffés, je ne vous en parle même pas, à en attraper une belle suée avec ça. C’était pas grave car le Déo bio est efficace, mais l’intoxication alimentaire guettait ! Alors ils avaient tout nettoyé, Edith et Marcel, sur l’injonction de Jacqueline. Nettoyer le sol. Nettoyer les plats. Nettoyer leur vie. Javelliser tout. Nickel c’était.

 

 

 

 

 

3.

Nous étions dimanche, le tonton Marcel avait encore fait des siennes en laissant fureter sa main sous la jupe de Ginette. « Tu me fait suer comme un boudin ! » s’était-elle exclamé. « C’est plutôt toi le boudin ! » lui répondit Annette la coquette, qui avait le sens de la répartie. « Que nenni ! » hurla Ginette. « Y’a qu’à voir ton étalage en bas ! »

Au niveau de l’entresol séchaient les culottes Sloggi et les bas de contention. Elle ne s’en vantait pas mais comptait sur ces artifices pour avoir une beauté disons surnaturelle (digne d’une tenue de chasteté !) « Par autre mesure de sécurité, elle se dévouait à son gourou charismatique » avait dit Annette avant de prendre la porte. Et cette fois-ci elle comptait bien partir définitivement. Définitivement, pour Annette, ça durait environ 15 minutes. Et pourtant  rien ne lui laissait entrevoir le bout du tunnel malgré le gourou, les frasques de Marcel et tout le St Frusquin. Mais avant tout il lui fallait jointoyer, je dirais même sceller définitivement et laisser derrière elle mais sans outrepasser ses droits. Et voilà le résultat !

 

 

 

4.

C’est lors d’un voyage organisé à Marrakech que nous l’avions rencontré pour la 1ère fois. Il nous avait alors livré ses secrets de cuisine. C’est quand il ôtait son marcel qu’il savait à coup sûr le degré de lipidité, si boudin suait c’est qu’il était trop gras. Alors il y ajoutait des pommes à rissoler dans le gras, pour boire le gras, l’absorber le recycler, on le mangerait quand même, mais dissimulé dans l’amidon et les glucides de la patate. On tuait le cochon dans sa maison s’il faisait trop froid, sans aller jusqu’à la cave, juste à l’entresol, vide et froid comme une nuit sans lune mais avec couteaux. Sans entrevoir que des caisses de pinard, on lui rasait la couenne ni plus ni moins que la boule à zéro. Mais attention, le coup final n’était pas porté par n’importe qui ! Le patron était un homme si charismatique que ça en devenait douteux, je dirais même louche. Et après la bouffe, le bouchman nous en bouchait un coin avec ses histoires glauques de femme de boulanger aux miches ondulantes, partie pour jointoyer à qui mieux mieux, pour s’épancher le surplus de gras, toute la sainte journée à picoler et rigoler en guêpière et bas-résilles.

Ca c’est ben sûr, je m’es souviendrait longtemps de ce type qui aimait tant outrepasser ses fonctions de Gentil Organisateur…

 

 

 

 

5.

« C’est ici » déclara l’inspecteur. Dans l’entresol de l’immeuble situé au N° 21 avait eu lieu un meurtre. Une suée m’avait immédiatement embué les yeux. La victime en était ma pauvre Marguerite. Marguerite, comme je l’aimais avec ses grandes taches noires et ses pis gonflés de lait. Jamais un trèfle plus haut que l’autre, jamais. Line, sans être une fermière charismatique, était la femme présumée coupable mais elle s’en défendait, à son corps défendant : « Marguerite était un beau brin de normande mais Marcel me harcèle car je suis la plus belle. » La plus belle de Cadix et de la rue O solé moi N° 21. L’inspecteur m’interrogea : « et si la serrure me laissait entrevoir quelque chose, que serait-ce ? » Je répondis : « Peut-être le cadavre dissimulé derrière un mur de briques, je n’en voyais plus guère que deux cornes mortellement tournées vers les pavés mal jointoyés. Quelle pitié ! La ruminante baignait dans une mare de sang suffisante pour faire un kilomètre de boudin et si on avait rajouté un pur boudin blond en sus de la belle, ç’aurait été plus équitable. Sans outrepasser ce qu’on appelle le flegme anglais, Marguerite n’était pourtant pas un cochon, alors quel était donc le mobile du crime ? Et que faire du boudin de vache ?

 

 

 

 

6.

C’est le départ : La belle Marcelle était en selle, la casaque mal boutonnée, la casquette à l’envers, le sous-tif envolé, mais elle pouvait enfin suer sereinement pour éliminer le repas crétois ingurgité chez sa mère. Mais le boudin-purée charismatique n’avait pas fait son effet, rien de rien ! Le mal par le mal, c’était homéopathique, mais pas idiopathique. On savait d’où venaient ces vents, mais pas des Glénans. Tout de même il ne faudrait pas outrepasser ce que les jockeys appelaient l’ultime limite avant la mort du petit cheval et entrevoir c’est vouloir si on y pense, et même avoir si on y pense très fort, AVOIR la drisse, oui ! Et tant bien que mal elle avait fini par pouvoir rentrer chez elle par ses propres moyens, longeant le périph à pied. Marcelle aimait l’entresol lumineux de cette vaste demeure qu’elle squattait cet hiver. Le long de cette plage, les seuls boudins qu’elle voyait étaient souvent blancs et faisaient du « IOGGING ». Un jour pourtant elle y avait croisé l’amour. Malheureusement, elle faillit disjoncter. Au risque de jointoyer ces idées disparates, totalement farfelues mais non sans sens caché, elle avait allumé un petit bédot, son joint à elle pour s’éclaircir la météo.

 

 

 

 

7.

De sa voix charismatique, il commanda du boudin : lui seul pouvait, sans paraître arriéré, consommer ce mets, s’inquiétant pour tout autre qui n’en ferait pas de même sans entrevoir, en le dégustant, le porc égorgé dans un remugle de couinements ininterrompus. Aubergiste, que se passe-t-il donc ? Du noir aux oignons oui, pour moi et mon ami, avec une purée maison. Pour jointoyer ces deux lascaux, il commanda une bouteille de Château Margot. Le vin fit son effet, mais pas celui imaginé, et même à l’opposé. Ils eurent le boudin triste et la fesse molle, l’odeur était infecte. Pourtant, sans outrepasser la pudeur officielle, il parvint discrètement à se torcher le cul. Comme ça ! Dans un coin de l’estaminet il se contorsionna et dégueula tripes et boyaux. Son marcel hors d’âge était maintenant maculé de petites miettes noires, plein plein plein de petites miettes noires, des miettes humides de boudin digéré, quelle horreur ! Il était dans un triste état. Mais plus léger, il se remit en selle sur le dernier tonneau de Margot qui lui fit suer des litres, s’essorant de son grand mouchoir à carreaux, récupérant le précieux liquide rouge, il ne faut pas gâcher. Mais il ne tenait plus debout le bougre ! Avec difficultés il parvint à l’entresol inespéré pour y piquer discrètement un roupillon à cheval sur la patronne rougeaude qui ronflait comme une locomotive.

 

 

 

 

8.

D’abord il fallait faire suer les poireaux et y ajouter le boudin fendu tout le long. Rissoler. Tout le monde allait en profiter, c’était la fête de la cour, la cour du bon roi Louis je ne sais plus combien, une fête grandiose, sans outrepasser les limites des bornes. Il y avait une frontière insoupçonnée entre les étages que le fumet de la préparation franchissait allègrement. Du grenier à l’entresol, O solé moi, carpaccio, un vrai régal cette cour d’immeuble… Josette la concierge avait ameuté tout le quartier en annonçant à grands cri Marcel et son orchestre qui jouait à la loupe, endormait la voisine du dessus dont le lit grinçait, sauf ce soir divin où le plus célèbre des amoureux charismatiques, chanteur chauve pourtant, je dis pourtant mais ce n’est pas incompatible avec l’accordéon…Un muret de pierres déjointoyées autrefois à mains nues  entourait la cour,  et on pouvait s’asseoir et regarder par une fente qui laissait entrevoir une espèce rare de papillon, disparu depuis des lustres : jaune orangé, pailleté de taches, il vint se poser sur le pavé. La collection du Pére Léon ne possédait pas ce spécimen rare. Il voulut le poursuivre. Alors poireaux et boudin ne furent bientôt plus qu’un souvenir digestif, le concert de Marcel ou le papillon, il fallait choisir. Le Père Léon n’arrivait pas à se décider… Le papillon s’envola et quitta la cour, Marcel et le Père Léon.

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