recettes particulières
un Gratin de préjugés
Cueillez quelques préjugés bien fermes. Même anciens, ils doivent rester durs. Laissez-les macérer dans un climat malsain, en alternant les chauds et les froids ; parfumez la marinade de rumeurs qui auront enflé démesurément. N’hésitez pas à laisser fermenter, si besoin est : Le plat n’en sera que meilleur.
Etalez successivement plusieurs couches de préjugés, en alternant les préjugés religieux, raciaux, culturels avec les préjugés sociaux, sexuels, générationnels. Saupoudrez de bêtise concassée, émiettez des haines ancestrales et râpez quelque ignorance crasse. Relevez si nécessaire d’une pointe d’acidité.
Choisissez avec soin vos invités. Votre échantillon se devra d’être représentatif des parias des différentes sociétés. Ce gratin de préjugés se marie parfaitement bien à la salade de l’altérité, servie bien assaisonnée.
Pour faire
un Gratin de préjugés
Prenez un humain en bonne santé, pas trop gras, ça liquifierait la sauce, mais pas trop sec, le goût s’en ferait sentir.
Prenez un homo-sapiens d’un bon âge, pas trop vieux, il nous parlerait de sa guerre, mais pas trop jeune, sa seule guerre serait de dépénaliser
Prenez un homo-sapiens de type mâle, la femelle est trop souple, faire des enfants la ramollit.
Ajoutez une perle de pensée retord
Un brin de sens des affaires
Un goût prononcé pour le passé
Une miette d’obscurantisme
Une pincée de mal-être
Un bol d’abus de télé
Mélangez le tout, arrosez d’un discours bien pensé sur le sens des valeurs, passez au four ½ h et sortez le gratin de préjugés que vous servirez à vos invités sans arrière- pensée mais surtout sans leur dire ce que vous avez mis dans ce gratin.
Gratin de préjugés
Dans une jatte, dans une jatte plate
Préparez votre pâte et sans plus de
Discours, allumez votre, allumez votre four
Prenez des idées toutes faites
Un habit de moine
Quelques apparences
Ajoutez une pincée de jugements à la volée
Une main de voisin
Il est temps à présent
D’enfourner votre gratin de préjugés.
Soufflé aux tendresses
Un peu de douceur dans ce monde de brutes, vous servirez ce soir, sur son lit de dentelles un soufflé aux tendresses.
Faites macérer quelques charmantes attentions dans un sirop de sucre très doux.
Mélangez délicatement, sans les brusquer, une dizaine de câlins, quelques bisous tout doux et une once de caresses délicates ? Un peu de blancs battus en neige, pour la légèreté ; incorporez avec douceur dans le sirop de sucre, mettez à four très très doux.
Saupoudrez de sucre glace et surtout de beaucoup d’amour.
A offrir à tous ceux que vous aimez.
La tarte aux caprices
De la farine, du beurre frais : ça c’est pour le fond. Il doit être bon pour adoucir l’amertume des caprices. Choisissez vos caprices pas trop mûrs pour qu’ils puissent s’expenser1, s’exprimer avant d’éclater.
Etaler la pâte d’un seul tenant afin de contenir autant que faire ce peut l’appareil.
Mettez des petits cailloux au fond, que vous prendrez soin de retirer avant de farcir. Les caprices sont sensibles et ne supportent pas la moindre contrariété.
Un fois la pâte blondie, versez d’un seul coup les caprices mélangés avec des larmes, des cris, des fureurs, la complexité des saveurs n’en sera que meilleure. Enfournez le tout à four chaud et servez dès la fin de la cuisson quand votre tarte est si soufflée qu’elle est prête à éclater.
Clafoutis d’illusion
Un cla-quage de framboises
Y fouti l’i-
A l’envers l’i, c’est l’il
Lusion fashion
L’usions au son
A l’unisson
Mot à ma
A ma gît
Illustre illusion du clafoutis
Clafoutis d’illusion
Ingrédients :
Des œufs à condition d’y croire
Du sucre
De la farine marine
Et une pelletée d’illusions pas trop fraîches, c’est mieux pour le décor.
Dans une grande jatte –mais en existe-t-il encore d’assez grande ?– vous cassez les œufs –ou du moins vous essayez_, c’est faisable ! Si, si. Rajoutez le sucre et battez énergiquement jusqu’à ce que le mélange blanchisse –enfin c’est ce qu’ils disent dans la recette ! Rajoutez délicatement la faine marine si vous en avez trouvé, sinon qui croire ?
Laissez reposer –si si on peut en parler ! Pendant ce temps, faites tremper vos illusions, revigorez-les dans un verre de rhum, ou deux ou plus, le tout étant d’oublier… quand l’illusion est bien ramollie, rappelez-la à votre bon souvenir, enfin s’il ne s’est pas noyé dans le rhum !
Mettez à four chaud et si la porte ferme et si le four marche, il se peut bien que ça soit mangeable. Faites le goûter avant ou donnez-le au chien. Incroyable, on pourrait en rêver !
Clafoutis d’illusion
Pour cette recette il faut :
-se croire un super héros
-penser que l’humanité n’attend que vous
-s’imaginer qu’il suffit de rêver pour réaliser.
Une fois que vous avez tous ces ingrédients, pensez très fort à un plat rond dentelé. Une fois qu’il apparaît, dites « clafoutis », mettez tous les ingrédients cités précédemment, laissez macérer quelques instants. Votre clafoutis d’illusions est prêt.
A consommer avec modération.