quand je serai grand (20 janvier 2007)

Publié le par sac aux images

Consigne : chacun inscrit sur un papier plié un métier inventé. Tirage des papiers et écriture en commençant son texte par « Quand je serai grand, je serai » et en le poursuivant au futur et non pas au conditionnel.

 Quand je serai grand, je serai écopeur d'imagination, j'aurai une pelle à rêves et je passerai de ville en ville écoper les trop-pleins de rêves amoncelés dans les cales de chambre, au pied des canapés inondés, j’en remplirai ma hotte et les redistribuerai au gré des quartiers, dans les cheminées de ceux qui en maquent cruellement.
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Quand je serai grand, je serai éberlueur. Je serai payé pour être étonné. Et il y aurait des gens de toutes sortes qui paieront mon étonnement. Les hommes politiques ou le publicitaires testeront l’originalité de leur campagne auprès de moi mais je me garderai bien d’être éberlué par leurs promesses si je les juge crédibles.
Les créateurs, les artistes, les inventeurs de tous poils seront mes employeurs les plus assidus. Ma compétence internationale me vaudra d’être particulièrement exigeant envers eux. Ainsi, pour bénéficier de mon éberluement, il leur faudra déployer du vrai nouveau. Le surfait, le bien fait, le beau, le triste, le violent, s’ils suffisent à m’émouvoir, ne suffiront pas à m’éberluer
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« Quand je serai grand, je serai créateur d’envie » dit l’enfant à son père.

- Créateur d’envie ? Mais ce métier n’existe pas, mon chéri, lui répondit le père.

- Qu’à cela ne tienne, dit l’enfant (qui avait un langage très élaboré pour son âge), un nouveau métier va âtre créé, c’est pas plus compliqué que ça. Tu sais, papa, il faut voir un peu plus loin que le bout de son nez, plus large que l’éventail de métiers existants, il faut imaginer, créer, susciter les envies, l’imagination. Et me voilà, moi, le créateur d’envies. Tu t’ennuies, tu as une panne d’envie, tu m’appelles et j’arrive.

- Et comment tu fais , mon chéri, pour créer les envies ?

- Alors là je ne sais pas encore, mais je l’apprendrai à l’école des ENVIES.
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Quand je serai grand, je serai tamponneur d’auto. J’aurai un grand tampon avec des fleurs, des nuages, des petits oiseaux qui picorent le blé de la fermière, des asticots qui mastiquent consciencieusement le compost fabriqué avec les épluchures de maman et les restes de la poubelle. J’aurai aussi un autre tampon peinture géant avec d’autres champignons à point rouges et des champignons atomiques de gaz à effet de serre que j’imprimerai sur toutes les grosses voitures de ma rue.
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Quand je serai grand, je serai allumeuse d’étoiles. mais pour ça, il faut que je trouve un maître d’apprentissage et ça, c’est pas facile. Le petit prince voulait aussi faire ce métier mais il n’a trouvé qu’un allumeur de réverbères. En plus, il paraît que ce n’est pas un métier pour une fille. Forcément, les étoiles, les comètes, les planètes, tout ça c’est féminin, alors il paraît que c’est mieux que ce soit un garçon. C’est vraiment des convenances sans fondement. Mais allez lutter contre les conventions, les « a priori »… Bon enfin, bref ! Allumeuse d’étoiles, ça me fait rêver, ça me fait voyager déjà dans ma tête. Rien que d’y penser, j’ai des étoiles qui s’allument dans mes yeux. C’est un signe, non ?
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Publié dans ecrirensemble

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