Le fiancé de Candida est mort... (04/04/2006)
Mendoza,
Le fiancé de Candida est mort. Comment se défaire du cadavre de façon directe et expéditive ? »
N°1
Ma pauvre Candida, pour une fois qu’elle avait un fiancé qui semblait être sérieux, je le découvre plus mort que mort sur le fauteuil de son gourbi. Vite, réfléchir, trouver une solution avant :
1. que Candida ne revienne de son travail (elle est tapineuse dans le quartier)
2. que le commissaire Florès, qui m’aime beaucoup, mais à qui j’aurai du mal à faire croire que je n’y suis pour rien, ne déboule.
Je crois qu’il va falloir que je fasse appel à mon ami conducteur d’ambulance. Je l’appelle, je lui dis que l’homme est blessé, à cette heure-là le chauffeur doit être bourré, il n’y verra que du feu. Vite fait, bien fait, on charge le macchabée dans la bagnole et Pin-Pon Pin-Pon, direction l’hosto.
Si Candida et Florès me laissent le temps nécessaire, je crois que l’affaire est dans le sac.
N°2
Quelle malchance, pensais-je. Il paraissait un si bon parti pour Candida, en vrai ce n’était pas ce thème familial qui absorbait mon cerveau mais bien plutôt la façon de me défaire du cadavre d’une manière discrète et expéditive.
Juan Carlos Da Silva De Petroguenille il s’appelait, prétendait à la succession familiale du GEANT DU TURON. Leur devise : « TURON…TUBON… »
Il m’assura finalement que la succession de la concession familiale au cimetière du quartier.
J’en aurais bien fait mon beau frère, j’adore le TURON, mais franchement venir me faire une blague un 1er avril déguisé en poulet quand on est comme moi allergique aux gallinacés en tout genre c’est pas malin.
A la vue du képi, je crie la basse cours. Mes restes de Kung-Fu lui ont cloué le bec sur place. Et me v’là avec un poulet qu’à cassé sa pipe dans le salon.
Bon faut bien prendre le taureau par les cornes et se débarrasser de cette encombrante carcasse. Pour ça je n’ai qu’une idée : le charger dans la cage à poule et aller le jeter à la flotte. Seul problème, c’est que du haut de mes 65 kg tout sec, je sais pas comment descendre ses 120 kg discrétos. Et pourtant, je suis pas une poule mouillée.
- Je le découpe ? Non, c’est crade.
- Je l’enroule dans le tapis ? Quel tapis ? Bernard est parti avec Bianca. Hier… De drôles d’oiseaux ceux-là aussi, mais c’est une autre histoire.
Bon, bah, il me reste que la bonne vieille méthode de passe-passe mine de rien. C’est Garcimore qui me l’a apprise.
« Tu prends 2 pigeons… tu dis la formule magique et t’as 2 perruches !!! »
Oh, bah, Juan Carlos…tu respires. Putain, je suis vraiment bourré !
N°3
Oh ! Cadavre exquis
De Candida en colonie
Catalan ? Non Albican
Tu n’étais pas de notre culture
Et t’as mis Candida en pourriture.
Candide, elle l’était pas,
Mais « Mon beauf », toi, tu l’seras pas
Et T’inquiète, tu resteras pour moi un compagnon.
Puisque pousseras toujours sur toi des champignons.
Candide n’aura pas de descendant.
Mais toi, tu seras toujours un revenant.
Et la police pourra chercher
Il n’y aura plus rien à trouver…
Dans la cave en bas d’chez moé…
N°4
Les Ramblas, c’est pas le plus discret quand on doit transporter un cadavre ; en plus, un suédois de 2m10. Bon, on aurait dit qu’il était complètement saoul et que je le ramène chez lui. Ses bras autour de mon cou, je l’attrape par la ceinture et le traîne jusqu’à la prochaine ruelle.
Ayé, j’ai une idée. Chez Mimi, c’est à 2 pas d’ici et son ascenseur pourri va me sauver… si, si… J’entre dans le hall. L’ascenseur n’est pas là, chouette. J’ouvre la grille et hop ! le suédois roule et tombe… bon, c’est vrai que lorsque l’ascenseur va arriver pour tasser le truc, ça va faire un peu désordre, mais bon, au moins il ne sera par « reconizable ». L’ascenseur arrive et … splashsss… Une mamie sort de la cabine et s’étonne d’un décalage.
- « Tiens, ils ont rajouté une marche pour sortir… »
N°5
Plusieurs idées me viennent, celle qu’on voit dans les films :
- chercher une forêt, faire un trou et hop… mais j’ai peur dans le forêt quand il fait nuit.
- Le découper, en plusieurs morceaux, les disperser dans chaque coin de la ville, non j’ai peur du sang.
- Faire un grand feu de joie (bof…) trop long à brûler.
- C’est difficile, bon dieu de bon dieu. Vite une idée expéditive et discrète.
Ça me vient, j’habite près du zoo, oui c’est ça, je vais faire passer le corps par-dessus les barrières et zou aux lions…
Pourvu qu’ils soient affamés… pas trop drogués… en forme quoi !
Et si ça ne marche pas, j’en ferai de la pâtée pour chat…
J’en connais un, Sipio, qui ne va pas pouvoir chasser pendant quelques temps. Ça lui fera plaisir.
N°6
Candida gémit doucement. « Il fait chaud… je vais à la bibliothèque » susurra-t-elle en glissant doucement vers les escalier, me laissant seul avec le grand blond. Je jetai un œil vers ses chaussures, machinalement… Des Dockside vertes… Candida m’avait abandonné avec son prétendant et il faisait chaud, j’étais au bord… et me laissait couler vers le canapé en skaï. J’allumai le cigare de Hachisch que ne cessait de préparer Candida avant de les fumer. Le THC me fit m’échapper vers une douce somnolence. Le cadavre pouvait bien attendre. Je voyais Candida allongée avec son Viking, qui lisait sans arrêt des polars. Au moins en s’éclipsant dans les limbes, il ne pouvait pas être déçu, le paradis ou l’enfer, c’est selon mais ça ressemble toujours un peu à une série noire.
N°7
Quelle malchance pensais-je. Il paraissait un si bon parti pour Candida. En vrai, ce n’était pas ce thème familial qui absorbait mon cerveau mais bien plutôt une manière discrète et expéditive de me défaire de ce cadavre.
Chemise d’organdi, costume 3 pièces en percale zébré de fines rayures de soie, c’est qu’il était reconnaissable ce zèbre, sans mentionner sa dent en or qui reflétait la pâle lueur de la lune. Le sourire de la mort disait-on. Comment Candida s’était-elle entichée d’un tel oiseau de mauvais augure demeurait une question subsidiaire. Suggérer l’accident et maquiller la mort en un banal accident de bateau…
N°8
Se défaire du cadavre de façon rapide et expéditive. La tuile : crise cardiaque,… 15h27, que faire. Je compose le 15, une équipe de choc vêtue de blouses blanches se ramène rapidement. Après un examen minutieux, la mort est prononcée à 15h48. Terminée. Ils ont remonté la fermeture Eclair, emballée… à 16h tout est redevenu calme.
N°9
Ma sœur avait perdu son prétendu fiancé, moi j’avais gagné le gros lot, le corps du fiancé grand et musclé à faire disparaître le plus discrètement possible, dans les plus brefs délais.
Difficile de sortir discrètement de cet appartement accompagné de ce grand escogriffe sans vie ; je décidai donc de m’équiper des ustensiles de boucher les plus affûtés et de séparer la viande des os. Il me fallait aussi de grands rondeaux de cuisine, de bouillons et de bouquets garnis. J’allai inviter quelques amis et plus encore, pour un dîner protéiné à souhait : et un daube de cuisse aux olives par-ci et un bourguignon de joue au vin rouge et un travers aux épices, quelques brochettes de rognons et autres glandes et encore quelques grillades, un rien de tripoux. Les os devraient pouvoir s’évacuer un à un, sous le bras ; un crâne en photophore et l’affaire sera dans le sac.
Mais ces deux billes sur la cheminée, qu’est-ce que c’est ?