Raison et déraison 8-10-2007
Les mots jetés sur la page :
5 mots, 2 piochés dans le panier « raison », 3 dans le panier « déraison »
En gras les mots piochés, en italique mes petits rajouts
C’était deux élans du canada, une espèce à poils roux très répandue dans la vallée, dans la seule vallée peuplée de grands chênes autour du
Saint Laurent où les invasions barbares avaient sévi il y a quelques années. C’était la réunion annuelle des élans. De tous les élans : de bonté, de rage, de tranquillité.
Celui qui en avait le plus prit son élan et fit un discours très ampoulé, mais avec une certaine cohérence ou bien était-ce de la cohésion ? En tout cas, sans compétence et heureusement ni compétition. Les élans écoutaient sagement cet élan plein d’élan.
Les eaux paraissaient calmes quand un vent de panique s’empara de la foule compacte qui se pressait aux portes du bonheur, que leur gourou leur faisait miroiter de sa logorrhée débridée. Encore un discours avec un style empirique et un langage châtié comme on n’en fait plus. Il était grand temps de secouer tout ça. Et de tous se suicider pendant qu’on y est ? Oh là, attention aux extrémismes de toutes sortes, un peu de modération, que diable ! Les élans s’assagirent, perdant de leur élan. Le pas se fit plus lent. Le gourou donna des ordres. Une poignée de roses, pensées et orchidées accrochées à la seule corniche du château qui n’était pas ébranlée fut lâchée sur la foule des élans qui prirent leur élan pour disparaître. Et il n’y eut que le gourou à rester là, ébahi, éberlué…
Le rocher de la falaise
Et c’est au détour d’une phrase superflue, étrangère à imprégner mon esprit embrumé que je me dis que persister à penser ne servait à rien !
Pensée émue, s’il en était.
En effet, rien ne sert de persister à penser si persifler n’est plus permis, si rhabiller les amis de petits mots doux n’est plus autorisé.
Il me fallait prendre le large, explorer de nouveaux horizons. Mais rien à faire, cette pensée, obstinée qu’elle était, me taquinait la narine de son esprit parfumé et éveillait mon instinct que l’humeur du moment (me) portait au bonheur.
L’imagination commença alors à gronder de derrière mon rocher et je laisser mon derrière s’y accrocher (au rocher). Mais je décidais d’aller tout de même de l’avant. Grave erreur.
C’est avec effroi que je fus compromis à promettre l’impossible à cette petite gourgandine. Amoureux tombant en folie furieuse, les cheveux hirsutes dessillant les yeux du peuple sur sa coiffe du pays de Léon, je finis par me jeter du haut des falaises de Paimpol.
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Envol, voilà un mot qui fait écho sous mon chapeau, où le pingouin agite ses moignons d’ailes. Non, il ne vole pas, mais il marque les esprits par son élégance, doublée d’un ridicule exorbitant. Pendant sa marche, le grand Sage nous observe avec son troisième œil de travers. Jour et nuit, le pingouin essaie, s’efforce, mais lui, il ne transpire pas. Transpirer, pour un pingouin, c’est s’éloigner dangereusement de la banquise, c’est flirter avec le capricorne ou le cancer.
, voilà un mot qui fait écho sous mon chapeau, où le pingouin agite ses moignons d’ailes. Non, il ne vole pas, mais il marque les esprits par son élégance, doublée d’un ridicule exorbitant. Pendant sa marche, le grand nous observe avec son troisième œil de travers. Jour et nuit, le pingouin essaie, s’efforce, mais lui, il ne transpire pas. Transpirer, pour un pingouin, c’est s’éloigner dangereusement de la banquise, c’est flirter avec le capricorne ou le cancer.Une profusion de mots dégoulinait de ces lèvres inhumaines. Des mots dans tous les sens, des mots sans aucun sens, des sons, quoi, pour s’encourager à voler. « Mais à quoi bon voler ? » se disait-elle encore. Les gens en ont de bonnes. Ils ont qu’à essayer d’abord. Ceux de mon espèce font peur. « Même pas peur », qu’elle avait dit au fantôme de la nuit, mais ses dents claquaient tellement fort que sa peur le prit à tire d’aile et la tira d’ici-bas vers le haut. Elle tourbillonnait, emportée par les mots, sans leur porter crédit. Son pingouin de père disait « même pas vrai », tant il est vraisemblable qu’il mente pour de vrai. Mais la vérité sort-elle de la bouche d’un pingouin ? Et pourquoi pas ? On a bien vu une fourmi de 18 mètres avec un chapeau sur la tête et une sardine boucher le port de Marseille.
Comme un petit grain de riz,
Un grain de folie qui colle à tes bottines,
Comme une glue à mes collines,
Posées sur cette chaise à la faire basculer.
Mais qui ? Peut-être celle-là même qui
Ou alors qui, c’est bien parti
Pour ne jamais être fini…
Mes cicatrices comme des sillons gravés dans le zinc du bar voisin,
Éclats de douleur au néon,
Lumière blafarde et glauque.
Quand la malchance me colle aux basques et m’emberlificote,
Ma chance est alors tellement flasque
que je préfère m’oublier dans le Flamby.
Flamboyer parmi mes amis choisis
et oublier grâce au whisky
Que je ne suis pas la plus jolie ni la mieux lotie.
La contrainte nuit, dilue la lune ébahie
et prolonge mon insomnie jusqu’à l’overdose de l’ennui.
La nuit n’est pas une contrainte pour celui qui désobéit.
Rien ne vaut une bonne désobéissance,
celle qui libère comme le white spirit privé, libéré de son bouchon.
Je m’enivre de cette vapeur et ne soupçonne pas encore
l’intox de mon cortex, la folie de mon envie…
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Les mots jetés sur la page comme de la poudre de perlimpinpin qui ensorcelle notre écriture.
Alors voilà, elle gisait là. Posture inexpliquée, son état de santé s’aggravait d’heure en heure. Inavoués, ses abus lui semblaient impardonnables et il rôdait aux abords des églises un relent de mauvaise foi. De celle à laquelle on s’accroche les soirs de grande culpabilité ressentie comme une peur au ventre, un claquage intestinal, un tourbillon ventriculaire d’un ventre sans nombril… Mais par où la douleur allait-elle sortir ? Allait-elle éclater en mille morceaux aux arêtes vives ? Ou bien glisser comme un galet dans le lit de l’ineffable mépris.
Mais heureusement pour y échapper, il ne lui restait qu’une mémoire de poisson rouge ! Cloisonnées, ses pensées allaient seules et rebondissaient inexorablement en de multiples rebonds sur les parois lisses de son existence irréprochable… pour qui ne craint pas l’ennui ! Elles auraient bien aimé s’accoupler, s’associer, se fondre, ses pensées, mais tout semblait les en empêcher. Trop lisses, trop conventionnelles, trop « comme il faut ». Impossible de transgresser. Alors, plaisir, déplaisir, que choisir ? Fallait-il que je me fasse violence, car la confiance n’était plus de mise. L’heure était aux procès aux procédures, aux hautes piles de papier à faible teneur en joliesse. Il me fallait rester rangé, point de folie pour aujourd’hui.
J’étais venue confiante et gaie : raison ou déraison, cela voulait dire sage ou folle, bonne ou nase, claire ou sombre, éclairée ou disjonctée ? Y’avait plus qu’à prendre le dictionnaire. Je m’y plongeais. Et c’est ainsi que je me retrouvais dans une situation très délicate, en équilibre du mot iconoclaste inséré là comme une écharde, de celles qui me mobilisent la moitié du cerveau et laissent l’autre moitié dans la paresse la plus totale. Et là se trouvait la faille, insoupçonnable au premier intérêt que je lui avais porté. Comment en étais-je arrivé là ? Pour un rien, pour un petit écart de geste, un soubresaut d’attention, j’étais devenue celle dont on disait qu’elle riait sans raison, celle par qui le mot éclairée prenait tout son sens, tant mon aura rayonnait dans les contrées. Je décidais donc de refermer le dictionnaire, de refaire ma vie ailleurs. OK. Tout cela était à ma mesure, à sa mesure, mais l’état d’incertitude, de quasi renaissance dans lequel j’étais me tétanisait au fur et à mesure qu’il me libérait aussi. Quel bordel dans cette métamorphose. « Rebirth », j’avais touché là ma première heure et mon cri se fit entendre. Mon attention était alors imperméable, encore perdue dans les expectatives de cette plongée dans les infinies combinaisons de sa pensée, des entrelacs limbiques inextricables quand le bouillonnement de mes circonvolutions corticales m’amena à une seule et unique conclusion : « tais-toi et jouis ! »
Qui veut gagner des millions ? Spécial Halloween
Il arriva en tourbillonnant. Quelle énergie dégageait-il aujourd’hui, ce vent à perdre le nord, mais peut-être à trouver la raison ?
Son voisin de table lui faisait contraste : instinctif et fin, raffiné à souhait. Ce jeu m’excitait. Il faut dire que l’enjeu était de taille, et l’issue totalement incertaine. Arriver sur un plateau de « qui veut gagner des millions ? » ne garantit pas la bonne compagnie, pensais-je. Jaloux d’avance, je lui fis par la pensée une coupe au scalpel du cerveau lent ou rapide mais assurément ruiné. Je serai son coiffeur, pensais-je en taillant au hasard dans la masse. Mon couteau suisse, fidèle comme un porte-clef, me permit de lui déloger l’œil droit. Son sang m’aveugla. Le présentateur, professionnel, n’en démordit pas :
Question du jour : « solide comme une cristophine, joli comme un amour en cage, mais brut comme du Fabergé, qui suis-je ? ». Mon agressé n’attendit pas la fin de la question pour émettre un râle bouillonnant. Je voyais rouge, mais elle je la revois : elle enfile un élastique dans ses gimmicks rayés, se plante un couteau dans la cuisse et se passe la corde autour du cou. Cela défia définitivement ma logique. Je devins méchant.
Etude de cas N°1
On pouvait voir la déformation de son crâne par la souffrance de son âme ; son faciès ne ressemblait à rien de connu. On pouvait imaginer la puissance de sa logique à l’enchevêtrement de chacun de ses cheveux, qu’elle avait longs et crépus. On y perdait son égyptien à la fin. « Il » ou « elle », il était bien impossible de dissocier son yin de son yang !
« Normal », dit le docteur F, « il n’est pas démonique, pas paranoïaque, juste un peu ammoniaqué. « ça pue mais c’est pas grave », se dit-il in petto, un effet de la peur d’être en consultation, il sue le bougre. Il accumule les raisons de dire enfin la raison de sa faim. Car je sens bien, à l’odeur qu’il exprime, combien il a faim de dire.
Il parla enfin : « ô sagesse ennemie, ne doit-on pas s’enivrer pour que résonne ma folie ? S’assagissent-ils, les démons assoiffés ? »
Épiphénoméniaquementalement, je pourrais qualifier dés à présent ce patient. Nonobstant, ce serait sans doute un peu -mais très légèrement- prématuré. C’est alors que je fus bousculé. Mon éventail tombé dans l’arène, le torero s’en saisit et me dit : « rendez-vous ce soir à minuit, au coin de la rue des Perdrix ». Le grand professeur donna alors son verdict : « Psychose », diagnostiquais-je, je dirais même plus « psychose paranoïde aigüe ! » Vlan. Le torero sortir, une banderille encore coincée dans l’enchevêtrement de ses pensées, pardon, de ses cheveux.
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mes petits rajouts, voilà un mot qui fait écho sous mon chapeau, où le pingouin agite ses moignons d’ailes. Non, il ne vole pas, mais il marque les esprits par son élégance, doublée d’un ridicule exorbitant. Pendant sa marche, le grand nous observe avec son troisième œil de travers. Jour et nuit, le pingouin essaie, s’efforce, mais lui, il ne transpire pas. Transpirer, pour un pingouin, c’est s’éloigner dangereusement de la banquise, c’est flirter avec le capricorne ou le cancer.