SCRIPTOCLIP "LA CAGETTE"
Scriptoclip
La cagette est une petite cage pour petits oiseaux, auxquels il faut faire boire de la tisane quand ils ne chantent plus mais pas trop brûlante. Si on ajoute une ou deux termites écrasées bien fraîches, pas racornies, ça fait vraiment du bien aux cordes vocales. Celles des nonnes qui ont décidé de faire un remake de Sister act ou celles du clan des Ephémères, cette magique chorale qui va chanter pour l’amour de son prochain le 30 juin. Même qu’on va en ressortir tout estourbi de les entendre. Des voix de berceuses qui vous guident vers le sommeil sans fureur, qui glissent dans votre oreille comme de l’huile d’arachide.
S.
Mon frère
La cagette était dans l’escalier, ça faisait bien trois mois qu’elle n’avait pas bougé de sa troisième marche. Alors que je buvais ma tisane brûlante, je me demandais si elle ne commençait pas à bouger un peu ? Etait-ce l’effet des termites ou de mon regard racorni ? Une nonne qui passait par là me rassura : Rien de magique dans tout cela mon frère. Dieu est Amour, mais la cagette est aux termites. Bien ma sœur. Elle alla derechef estourbir ces petits animaux pour les plonger dans un dernier sommeil en sortant de sous sa bure un aérosol pour vaporiser avec fureur ces petits animaux du bon dieu qui transforment en poussière tout ce qui doit redevenir poussière. J’en étais là sur ma marche d’escalier, avec ma bière et mes arachides lorsque la nonne d’un coup de cornette racornie me souhaita une bonne journée avec mes débris.
L.
Et c’est parti, il y a bien deux « n » à nonne et deux « t » à cagette, oui on a tendance à se disputer au scrabble pour les consonnes doubles, au coin de la tisane brûlante qui ne finit jamais, plus t’en bois plus y’en a encore. Un peu de poussière de bois, encore les termites du grenier, tombe sur les lettres et le plateau racorni de notre jeu vieux comme mes robes, je te répète, « nonne » prend deux « n », j’ai vérifié deux fois. Tu places ton « Q » avec « magique », un scrabble avec « m » et « g », pas mal, tu t’améliores mon amour, sur un mot compte triple, je vais peut-être arrêter de jouer, t’as déjà gagné. T’es tout estourbi par un pareil score, je comprends ça t’arrive pas souvent, t’as déjà 400 points, je ne sais pas toi mais je ne vais pas finir la partie, le sommeil me gagne, je vais aller défaire mes couettes. Mais pourquoi cette fureur tout à coup, tu sais bien que je ne supporte pas de perdre, ah au fait te penseras à m’acheter des cacahuètes pour la partie de demain, éplucher des arachides ça m’inspire en général.
I.
Je marchais volontiers dans ce soleil du dimanche, quand je trébuchai sur une cagette. Mon corps s’élança et atterrit sur une table de bistrot où siégeait une vieille femme qui buvait de la tisane Cette termite prit un ton de nonne pour déprécier cet instant pourtant magique. Car ainsi mon regard se porta sur une femme qui deviendrait l’amour de ma vie. Je profitais d’être un peu estourbie pour me livrer au sommeil, quand cette femme, prise de fureur devant l’indifférence des passants, me glissa une arachide dans la bouche pour me ranimer. Je compris sur le champ qu’elle saurait me sauver du bon sens.
Ch.
Elle saisit la cagette d’abricots et la serra contre son sein. Elle se dirigea ensuite vers la marchande de tisanes magiques & potions en tout genre.
- Bonjour, dit-elle d’un ton presque inaudible, je viens car …
- Vous avez un amour brûlant à guérir.
- Oui.
La vieille folle glissa dans un sachet de papier kraft quelques termites, des pétales de rose racornis, et une gousse d’ail.
- Avec ça vous cesserez de vous comporter comme une nonne avec l’homme de vos rêves.
- C’est une potion magique ? questionna la jeune fille inquiète.
- Ta ta ta, t’occupes donc pas de ça ! Tu veux de l’amour oui ou non ?
- Ou…oui
- Eh ben avec ça, ton prince charmant en restera tout estourbi. Tu n’as qu’à glisser le sachet sous son oreiller pendant son sommeil. Ca fait toujours fureur, même auprès des plus récalcitrants. Tu connais la femme à Rachid ? Comment crois-tu qu’elle l’a conquis son bel amant ?
A.
Prêt…Partez !... Bien calé dans sa cagette, Lulu dévale la pente en premier, suivie de près par Titi ainsi nommée car elle boit de la tisane au litre, stop arrêt au stand pour une envie pressante, je dirais même brûlante. La cagette s’écroule minée par les termites, c’est fini pour Toto, du coup il se racornit dans un coin du pré fleuri, c’est perdu tant pis pour lui… Mais du diable vaux vert déboule la nonne toute cornette au vent. Cette apparition a quelque chose de magique dans ce coin champêtre. La course est loin d’être terminée. Cela se finit toujours par un bain dans le fleuve Amour situé en bas des pentes. Nos concurrents sont tout estourbis par cette descente effrénée, les véhicules de bois ont encore tenu mais il ne faut pas tomber dans un profond sommeil sinon gare aux accidents et la fureur n’y fera rien de rien. Cela n’a jamais fait gagner une course de s’endormir… Ah Rachid ! Tu n’étais pourtant pas loin de la gagner, cette folle équipée !
Co.