2008 janvier La mouette rieuse
SCRIPTOCLIP (DE LA MOUETTE RIEUSE).
Au-dessus de ma tête volette une mouette rieuse. Dans ma main, un cornet de frites. C’est étonnant comme elle s’agite et se lance dans une danse atypique comme pour me faire comprendre quelque chose. Je l’observe depuis le dessous de mon parapluie transparent. Le dessin qui se forme est de plus en plus fascinant : il y a là un dôme globuleux tacheté de loupes translucides à travers lesquelles je distingue des bribes de mouettes en kaléidoscope sans autre qualificatif. Elle a un gros bec et je m’extasie devant ce dessin ravissant, mais elle n’aura pas une frite !
A.
La mouette rieuse s’envola, d’un coup sans prévenir, et disparut au-delà des nuages. Etonnant de se trouver si haut à califourchon sur une mouette, situation atypique, réactions imprévisibles, vertige, vision transparente, voyage fascinant à saute-mouton sur les nuages. Les moutons nous regardent passer de leurs yeux globuleux, comme s’ils n’avaient jamais vu passer une mouette avec moi dessus, la mouette, rieuse, et moi sans qualificatif… Ah non, ici « qualificatif » est un nom et non un adjectif, grosse erreur sur la nature, ou sur la fonction mais j’ai pas le temps d’y réfléchir, il faut caser l’adjectif « ravissant »… Une ravissante mouette rieuse disparut dans le lointain
P.
Elle était rieuse quand elle était avec son homme. Mais dès qu’il a mis les bouts, le plus étonnant c’est qu’elle s’est abîmée dans un fou rire perpétuel. « Réaction atypique » a déclaré son généraliste. Nous lui étions transparents. Pas l’ombre d’une empathie avec nos gueules défaites.
Son rire devenait fascinant. Elle nous regardait avec des yeux globuleux. Nous n’étions jamais à cours de qualificatif pour décrire son gros rire, exorbité, frauduleux, taré, à lier. Pour s’excuser, elle déclarait nous trouver ravissants, et qu’elle était devant nous dans un tel état de ravissement, qu’elle ne pouvait retenir son extase. On vint à douter…
Su.
Elle n’était pas toujours aussi rieuse que ce jour-là mais cet homme l’amusait, il était vraiment étonnant. Au départ il l’avait fait rire en lui disant qu’elle était atypique et comme ça n’était pas la première fois, elle avait rougi un peu, ne s’était pas décontenancée et lui avait rétorqué qu’elle l’avait trouvé un peu transparent la dernière fois qu’elle l’avait vu, qu’elle ne se rappelait pas de lui. Maintenant elle le trouvait assez fascinant avec son œil gauche un peu globuleux, ce qui n’était pourtant pas un qualificatif très flatteur. Il était un peu gros juste comme elle les aimait et en le taquinant de sa cuisse gauche elle pensa qu’il était vraiment ravissant.
La soirée ne faisait que commencer…
Sy.
La mouette du port de Landevenec était rieuse ce matin là, elle était seule à suivre le premier chalut qui rentrait du large d’Ouessant, étonnant, ils étaient si nombreux cette nuit à quitter les rives atypiques de ce petit port encastré. Les fonds étaient clairs et transparents, les bancs de dorades ondulaient sous les quilles, fascinant spectacle qui s’offrait aux pêcheurs aux yeux globuleux du matin, qualificatif peu aimable pour les regards des gros pêcheurs en Guy Cotten qui s’animaient sur le pont de leur ravissant chalutier aux couleurs bretonnes. La mouette allait s’en payer une bonne tranche.
I.
Elle était bavarde mais tellement rieuse que je la regardais avec affection. C’est étonnant comme on peut être subjugué par un objet atypique aussi transparent qu’un clair de lune.
Fascinant : telle était la vision que je mirais de mes yeux globuleux.
Son qualificatif premier : gros ou plutôt grosse mais tellement ravissant que j’en voulait bien une comme ça de boite à musique « coucou suisse ».
M.
La mouette rieuse frappait encore à la fenêtre. Depuis qu’elle avait fini l’étonnant repas que je m’étais préparé, une relation atypique s’était nouée entre elle et moi. Chaque début de semaine, comme un pacte transparent, elle cognait au carreau de mon bureau, le regard fasciné vers mon casse- croûte, globuleux qualifierait mieux la taille de ses yuex, tellement ils se dilataient à en devenir vraiment gros.
Et moi dans un ravissant sourire, je croquais allègrement à bouche épanouie dans mon repas de midi.
L.
La mouette rieuse me sapait le moral. Menu-menu. Elle se rendait pas compte. M’enfin. Etonnant comme quand je suis troublé un rien me perturbe. Y compris une mouette : atypique parce qu’elle est rieuse mais qu’elle me fait pas rire du tout. Comme si j’étais transparent pour elle, qu’elle se moquait, de son rire sardonique, de mes humeurs moroses. Fascinant contraste que nos croisements de rire. De mes yeux globuleux, je lui intime de se taire. Rieuse c’est son qualificatif mais elle n’est pas obligée de s’y conformer bêtement, la mouette. En gros, je cesserai de prendre ma tête des mauvais jours et la troquerai contre un air ravissant dès que cette foutue mouette aura cessé de rire. Non mais quand même !
Ch.
La mouette rieuse lâcha son cri perçant du haut de la falaise. Il faisait à peine jour et pourtant, ce n’est pas plus étonnant que ça, Loïc marchait, son ciré ouvert, ses bottes au vent. Un marin atypique pourrait-on dire. Il n’avait pas de filet ni d’épuisette seulement un sac en plastique transparent rempli d’eau dans lequel tournait un poisson rouge. Le manège du poisson avait quelque chose de fascinant. Sans se lasser, jamais, il tournait en rond faisant tourner ses yeux globuleux tout rond comme ceux d’un poisson. Rouge était le qualificatif pour le distinguer des autres poissons, les gros, les maigres, les poissons de mer, de rivière, notre poisson rouge était tellement ravissant et ravi que notre Loïc ne se lassait pas de le regarder. Tout cela n’a ni queue ni tête … de poisson !
Co.